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Cohésion sociale et tolérance
Conclusion Comme on la mentionné précédemment dans cet essai, lhétérogénéité et la diversité saccentuent de bien des façons différentes dans les sociétés occidentales, sous leffet dune combinaison de bouleversements sociaux, politiques et économiques. Limmigration et la présence dimmigrants -- que les racistes et les nationalistes dénoncent comme étant la principale cause de la désagrégation de la société -- ont bien peu deffets nuisibles comparativement aux autres restructurations de fond qui perturbent actuellement la société. La morphologie de la société est en pleine évolution et lon doit, de toute façon, modifier en conséquence la conception que lon se fait de la « nation », de la collectivité, de lidentité collective et de la « cohésion ». Certaines théories sociologiques et philosophies politiques saccommodent mieux que dautres à ces changements, mais avant de trancher en faveur de lune ou lautre, nous devons nous faire une meilleure idée de la nature de la restructuration sociale, économique et politique qui est en cours. Au lieu daspirer à une cohésion sociale présumée perdue, caractérisée par un ensemble homogène de valeurs communes et dinteractions étroites, nous devions repenser la conception que nous avons de lhomogénéité et de la différence pour aboutir à la conclusion que la « cohésion sociale » -- qui se manifeste dans la collaboration à des causes communes -- peut certainement être maintenue. Et quen est-il de lidée unificatrice de « nation », qui serait menacée par la complexification de la société? Là encore, la diversité et la différence ne la menaceront en rien si nous la repensons (ou, plutôt, si nous lui redonnons tout son sens) de manière à ce quelle fournisse le cadre commun requis pour saccommoder à une hétérogénité plus grande encore. Lessence de la nation devrait résider dans ses institutions démocratiques, et non dans une improbable similitude culturelle et « raciale » (fondée, dans bien des cas, sur linégalité entre les classes et entre les sexes). Cest certainement dans cet esprit que Jürgen Habermas (1994, p. 27) note : (traduction) « la culture politique doit servir de dénominateur commun pour un patriotisme constitutionnel qui aiguise la conscience de la multiplicité et de lintégrité des différentes formes de vie coexistant dans une société multiculturelle. » Comme le soulignent les sociologues depuis une centaine dannées, la ville représente sans doute larène qui se prête le mieux à lexamen dun large éventail de processus, deffets, dinterventions et de rétroactions dans divers domaines sociaux, politiques et économiques qui se chevauchent. Tous les problèmes et les concepts évoqués dans cet essai se manifestent dans les villes. Cest pour ces raisons quune initiative comme METROPOLIS doit être bien accueillie. Elle stimule des échanges constants entre sociologues et responsables de lélaboration des politiques au sujet de lévolution de la société, en général, et de lincorporation des immigrants, en particulier; elle nous permettra peut-être daboutir à une forme de cohésion sociale véritablement homogène qui convienne à notre temps.
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